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01/04/202518 min de lectureÉquipe Wescreen

Négociation de contrats internationaux

Maîtrisez les spécificités des contrats transfrontaliers et naviguez sereinement les différences juridiques entre pays

📊 Chiffres clés du commerce international(sources vérifiées)

68%

des litiges commerciaux proviennent d'ambiguïtés ou d'omissions contractuelles (Ministère de la Justice)

22 mois

durée médiane d'un arbitrage CCI en 2024 (ICC Statistics 2024)

172

États parties à la Convention de New York sur l'exécution des sentences arbitrales

354 Mds USD

de litiges en cours devant la Cour CCI fin 2024 (record historique)

Les fondamentaux du contrat international

Un contrat international se distingue par sa dimension transfrontalière : parties de nationalités différentes, exécution dans plusieurs pays, ou marchandises traversant des frontières. Cette complexité nécessite une attention particulière sur plusieurs points clés.

❓ Question cruciale : quelle loi applicable ?

Sans clause de choix de loi, le juge déterminera lui-même la loi applicable selon les règles du Règlement Rome I (593/2008) dans l'UE, ou selon les règles de conflit du for saisi. Résultat : incertitude juridique et risque de voir appliquer une législation défavorable.

Les 8 pièges majeurs à éviter

1Absence de clause de loi applicable

Le piège : Ne pas préciser quelle loi régit le contrat laisse cette décision au juge, qui appliquera les règles de conflit de lois (Règlement Rome I dans l'UE).

Solution : Insérez systématiquement une clause du type : « Le présent contrat est régi par le droit [français/allemand/etc.] à l'exclusion de ses règles de conflit de lois et de la Convention de Vienne sur la vente internationale de marchandises (CVIM). »

Base juridique : Règlement (CE) n° 593/2008 dit « Rome I », article 3

2Juridiction mal définie

Le piège : Une clause attributive de juridiction floue peut être contestée ou inapplicable, entraînant des conflits de compétence.

Solution : Précisez le tribunal compétent avec exactitude (« Tribunal de commerce de Paris ») ou optez pour l'arbitrage international (CCI, LCIA, SCC) pour éviter les problèmes d'exécution des jugements à l'étranger.

Base juridique : Règlement Bruxelles I bis (1215/2012) pour l'UE

3Incoterms mal utilisés

Le piège : Utiliser des Incoterms inadaptés ou les modifier sans en mesurer les conséquences sur le transfert des risques et des coûts.

Solution : Utilisez les Incoterms® 2020 sans modification. Précisez toujours la version et le lieu exact (ex : « CIF Port de Marseille Incoterms® 2020 »). Les 11 règles couvrent tous les modes de transport.

Source : Chambre de Commerce Internationale (ICC), Incoterms® 2020 en vigueur depuis le 1er janvier 2020

4Devise et taux de change

Le piège : Ne pas prévoir de mécanisme de protection contre les fluctuations monétaires peut transformer un contrat rentable en opération déficitaire.

Solution : Fixez la devise de facturation, prévoyez des clauses d'indexation ou de hardship en cas de variation importante des taux de change (seuil de déclenchement à définir, ex : ±10%).

5Force majeure trop restrictive

Le piège : Une définition trop étroite de la force majeure peut vous laisser sans protection face à des événements imprévus.

Solution : Incluez une liste non exhaustive d'événements (pandémies, sanctions économiques, cyberattaques, catastrophes naturelles) et prévoyez les conséquences (suspension, renégociation, résiliation). La crise COVID-19 a démontré l'importance cruciale de ces clauses.

6Langue du contrat ambiguë

Le piège : Des versions en plusieurs langues sans hiérarchie claire créent des conflits d'interprétation devant les tribunaux.

Solution : Désignez une seule version comme faisant foi : « Le présent contrat est rédigé en français et en anglais. En cas de divergence d'interprétation, la version française prévaut. »

7Propriété intellectuelle mal protégée

Le piège : Les règles de propriété intellectuelle varient considérablement d'un pays à l'autre (principe du premier déposant vs premier utilisateur, durée de protection, etc.).

Solution : Précisez qui détient quels droits, dans quels territoires, et prévoyez des clauses de confidentialité robustes avec des pénalités dissuasives. Attention : ces pénalités doivent être proportionnées selon les juridictions concernées.

8Non-conformité aux réglementations locales

Le piège : Ignorer les lois impératives locales (protection des données, anticorruption, sanctions internationales) qui s'appliquent indépendamment de la loi choisie.

Solution : Incluez des clauses de conformité (RGPD, FCPA, UK Bribery Act, sanctions OFAC) et faites vérifier le contrat par un juriste connaissant le droit local du partenaire.

Rappel : L'affaire BNP Paribas (2014, amende de 8,9 milliards USD) illustre les risques de non-conformité aux sanctions internationales.

L'arbitrage international : une alternative efficace

Avantages de l'arbitrage

Neutralité : Pas d'avantage « domicile » pour l'une des parties
Exécution facilitée : Convention de New York (172 États parties) garantit la reconnaissance des sentences
Confidentialité : Procédure non publique, protection des secrets d'affaires
Expertise : Arbitres spécialisés dans votre secteur (construction, énergie, finance...)
Rapidité relative : Durée médiane de 22 mois pour un arbitrage CCI en 2024 (vs 24-48 mois aux USA)

📈 Arbitrage CCI en 2024 : chiffres clés

831nouvelles affaires enregistrées
136juridictions représentées
69%des litiges à caractère transfrontalier
130 M USDmontant moyen en litige (record)
Top sièges :Londres, Paris, Genève, New York, EAU
152affaires en procédure accélérée (6 mois)

Source : ICC Dispute Resolution Statistics 2024, Cour internationale d'arbitrage de la CCI

Modèle de clause d'arbitrage CCI

« Tous différends découlant du présent contrat ou en relation avec celui-ci seront tranchés définitivement suivant le Règlement d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale par un ou plusieurs arbitres nommés conformément à ce Règlement. Le siège de l'arbitrage sera Paris. La langue de l'arbitrage sera le français. »

Source : Clause type recommandée par ICC France

Quelques points clé à contrôler dans un contrat international

💡 À retenir

La prévention est la clé : 68% des litiges commerciaux proviennent d'ambiguïtés contractuelles évitables. Un investissement dans la rédaction initiale est toujours moins coûteux qu'un contentieux international.

Les trois réflexes essentiels : (1) toujours désigner la loi applicable et la juridiction compétente, (2) utiliser les Incoterms® 2020 correctement, (3) prévoir une clause de force majeure adaptée aux risques actuels.

En cas de doute, faites relire votre contrat par un juriste connaissant le droit du pays de votre partenaire.

Sources et références

  • Règlement Rome I (593/2008) — Loi applicable aux obligations contractuelles dans l'UE
  • Règlement Bruxelles I bis (1215/2012) — Compétence juridictionnelle dans l'UE
  • Convention de New York (1958) — Reconnaissance et exécution des sentences arbitrales (172 États parties)
  • ICC Statistics 2024 — Cour internationale d'arbitrage de la CCI
  • Incoterms® 2020 — Chambre de Commerce Internationale
  • Ministère de la Justice français — Statistiques sur les litiges commerciaux
  • Cavendish Square Holding v Makdessi [2015] UKSC 67 — Clauses pénales en droit anglais
  • CNUDCI / UNCITRAL — Commission des Nations Unies pour le droit commercial international

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Article informatif rédigé avec des données issues de sources officielles. Il ne constitue en aucun cas un avis ou un conseil. Wescreen vous invite à vous rapprocher de vos juristes d'entreprise ou avocats pour tout conseil juridique.